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Berlusconi chercherait à renforcer son influence à la TV

MILAN, 3 avril (Reuters) - De récents changements intervenus à la tête de la RAI et du Corriere della Sera sont perçus comme un renforcement de l’influence de Silvio Berlusconi dans les médias italiens.

Le président du Conseil est le fondateur et principal actionnaire du géant de la communication Mediaset MS.MI, qui possède trois chaînes de télévision privées (Canale 5, Italia 1 et Rete 4) et intervient dans les secteurs de la presse et de l'internet.

Jeudi, Mauro Masi, secrétaire général du cabinet de Berlusconi, a pris les rênes de la RAI, une semaine après que le Corriere, premier quotidien italien, ait débarqué son directeur de la rédaction, Paolo Mieli, proche de l’opposition.

Mieli, qui avait soutenu le centre gauche lors des élections de 2006 perdues par Silvio Berlusconi, a été remplacé par Ferruccio de Bortoli, venu du journal économique Il Sole 24 Ore et considéré comme un indépendant.

Le quotidien milanais, fondé il y a 130 ans, appartient au groupe RCSMediagroup RCSM.MI dans lequel figurent des banques, dont Intesa Sanpaolo ISP.MI, qui espère obtenir un soutien du gouvernement à hauteur de quatre milliards d'euros.

Selon des observateurs, il est possible que Silvio Berlusconi ait accepté de transiger sur le nom du nouveau directeur de la rédaction du Corriere afin d’obtenir le soutien du comité de direction de la chaîne publique en faveur de Masi.

GIGANTESQUE MONOPOLE

“Du point de vue d’un homme politique comme Berlusconi, la télévision compte bien plus que la presse écrite pour influencer l’opinion publique”, écrit Michele Polo sur le site www.lavoce.info.

TG1, le journal télévisé de la RAI, obtient en moyenne 31% d’audience devant TG5, le journal de Mediaset, qui rassemble 25,4% des téléspectateurs.

“Je pense qu’il est grave que les nominations à la RAI soient faites dans le cabinet du président du Conseil”, estime Dario Franceschini, chef du Parti démocrate, formation de l’opposition.

Pier Ferdinando Casini, leader des Chrétiens démocrates (centristes) et ancien allié de Berlusconi, parle d’un “gigantesque monopole de l’information”.

Au mois de mars, les reportages consacrés par Mediaset à la coalition gouvernementale ont représenté 76% des sujets politiques -- sans compter les trois jours du congrès du Peuple de la liberté, le parti de Berlusconi. Dans cette répartition, seuls 14% ont été octroyés aux partis de l’opposition.

Franceschini estime qu’il y a là une infraction aux règles d’équité dans la diffusion de l’information télévisée.

Au Corriere, des journalistes parlent de “pouvoirs obscurs”.

“Avec la crise bancaire, les propriétaires du Corriere della Sera -- essentiellement des banquiers qui ont besoin du soutien du gouvernement -- cherchent un moyen de s’attirer les bonnes grâces (de Berlusconi) et on voit le résultat”, dit Vittorio Feltri, ancien directeur d’Il Giornale, propriété du chef du gouvernement.

“Le Corriere ne peut pas être traité comme une marchandise que s’échangent le pouvoir économique et les grandes maisons politiques”, écrivaient la semaine dernière des journalistes dans un communiqué publié par le quotidien.

Les actionnaires du groupe RCSMediagroup appartiennent à un éventail politique assez large mais celui prend peu à peu une orientation à droite. (Version française Pierre Sérisier)

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