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Erdogan juge irrespectueuses des sanctions américaines contre la Turquie

WASHINGTON/ANKARA (Reuters) - Des sanctions américaines à l’encontre de la Turquie, pays membre de l’Otan, en raison de l’acquisition du système de défense antimissiles russe S-400, seraient irrespectueuses, a jugé vendredi le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

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Des sources ont indiqué jeudi à Reuters que les Etats-Unis étaient sur le point d’imposer des sanctions à la Turquie après l’acquisition l’an dernier par Ankara de ce système de défense russe.

La Turquie fait déjà face à des sanctions européennes dans un autre dossier lié aux tensions avec la Grèce et Chypre en Méditerranée orientale sur les ressources en hydrocarbures.

Les probables sanctions américaines, découlant d’une loi adoptée en 2017 appelée CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act) ou loi “Contre les adversaires de l’Amérique”, risquent d’envenimer les relations entre Ankara et Washington alors que l’administration de Donald Trump s’apprête à transmettre le 20 janvier le pouvoir au président élu Joe Biden.

“Que l’Amérique attaque la Turquie avec une affaire comme la CAATSA est irrespectueux envers un partenaire très important de l’Otan”, a déclaré Recep Tayyip Erdogan à l’agence de presse publique turque Anadolu.

Le président turc s’est toutefois montré par la suite moins véhément dans un discours devant son parti, appelant seulement les responsables politiques américains et européens à “rompre avec l’influence des groupes de pression anti-turcs”.

“Il n’y a aucun problème que nous ne puissions résoudre par le dialogue et la coopération”, a-t-il déclaré.

Sur les marchés, la livre turque est tombée à un creux de deux semaines et s’échangeait vers 15H00 GMT à 7,8300 contre un dollar. La dépréciation de la livre de 25% depuis le début de l’année a accentué les effets de la crise due au coronavirus.

Ankara, qui fait l’acquisition du système de défense antiaérienne et antimissile russe à la mi-2019, assure que cette arme ne représente aucune menace pour les alliés de l’Otan. Washington ne partage pas cet avis et a exclu l’année dernière la Turquie d’un programme d’avions de combats F-35.

Deux sources proches du dossier, dont un responsable américain s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ont déclaré que le président Donald Trump avait donné son aval à ses collaborateurs pour la mise en place des sanctions.

Les sanctions viseraient la Direction des industries turques de la défense et son chef, Ismail Demir, selon certaines sources. Elles seraient dommageables mais plus limitées que les scénarios qu’anticipaient certains analystes.

Un haut responsable turc a déclaré que des sanctions seraient contre-productives et porteraient atteinte aux liens entre les deux membres de l’OTAN.

avec Phil Stewart à Washington, Tuvan Gumrukcu et Ezgi Erkoyun à Ankara et Marc Jones à Londres; version française Camille Raynaud et Claude Chendjou, édité par Henri-Pierre André

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