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Vietnam: Lourdes peines de prisons pour des journalistes indépendants critiques du régime

HANOI (Reuters) - Une juridiction vietnamienne a condamné mardi trois journalistes indépendants à des peines allant de 11 à 15 ans de prison, après les avoir reconnus coupables de diffusion de propagande contre l’État.

Une juridiction vietnamienne a condamné mardi trois journalistes indépendants à des peines allant de 11 à 15 ans de prison, après les avoir reconnus coupables de diffusion de propagande contre l'État. /Photo prise le 5 janvier 2021/REUTERS/VNA

Pham Chi Dung, Nguyen Tuong Thuy et Le Huu Minh Tuan étaient accusés de “production, détention, diffusion d’informations, de documents, d’articles dans le but de s’opposer à l’État” lors d’un procès d’une journée à Ho Chi Minh-Ville.

Pham Chi Dung a créé en 2014 l’Association des journalistes indépendants du Vietnam qui, selon la police, ambitionne de contribuer à la réforme du régime.

Le Parti communiste vietnamien, dirigé par Nguyen Phu Trong, 76 ans, a intensifié la répression de la dissidence en amont de son congrès quinquennal qui doit se tenir en janvier.

Pham Chi Dung a écopé d’une peine de prison de 15 ans tandis que Nguyen Tuong Thuy et Le Huu Minh Tuan ont été condamnés à 11 ans d’incarcération. Reuters n’a pour le moment pas été en mesure de joindre leurs avocats.

Ils ont écrit des articles pour “déformer et diffamer l’administration du peuple, enfreindre les intérêts du Parti communiste du Vietnam et de l’Etat”, a considéré le ministère dans un communiqué.

“Ce sont des activités particulièrement dangereuses qui, s’il n’y est pas mis fin, pourraient nuire à la sécurité nationale”, a-t-il ajouté.

Pour Amnesty International, ce jugement souligne le mépris du gouvernement pour la liberté des médias, en particulier à l’approche du congrès.

“Même selon ses propres normes profondément répressives, la sévérité des peines montre les profondeurs atteintes par les censeurs du Vietnam”, a déclaré sa directrice régionale adjointe, Emerlynne Gil.

Avant le procès, Phil Robertson, directeur adjoint de Human Rights Watch pour l’Asie, avait qualifié les accusations de “fausses”.

“Si le parti au pouvoir est si sûr de lui, il devrait le prouver en respectant les droits civils et politiques, en mettant fin au contrôle étroit de la presse et en permettant aux journalistes indépendants d’exprimer librement leurs opinions au lieu de les réduire au silence par des arrestations et de longues peines de prison”, a-t-il déclaré.

Dans son dernier rapport here sur les journalistes détenus en 2020, Reporters Sans Frontières (RSF) a annoncé que le Vietnam faisait partie des 5 premiers pays dans le monde à incarcérer des journalistes, avec 28 détenus.

“Les blogueurs et les journalistes indépendants, seules sources d’information indépendante dans un pays où la presse est entièrement aux ordres du Parti communiste, sont la cible permanente d’une répression toujours plus féroce”, peut-on lire sur le site de l’organisation.

Khanh Vu, version française Kate Entringer

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